Les média et le grand public, s'influençant l'un et l'autre, utilisent parfois une terminologie psychiatrique dans un sens très négatif. Voici quelques exemples d'utilisations impropres de la terminologie médicale :

  • "Un cas surprenant de schizophrénie politique" : la schizophrénie, désignant une souffrance psychique, évoque ici la dualité négative et perverse d'une politique ou d'une personnalité politique, qui ne relève pas d'un diagnostic médical ;
  • "Cet enfant est dans sa bulle, il est autiste" : le terme "autiste", désignant un trouble envahissant du développement, est fréquemment utilisé de manière négative pour relever un trouble communicationnel qui n'est pas un diagnostic médical ;
  • "Après les attaques en série qui ont coûté la vie à 129 personnes à Paris, peur et traumatisme s'emparent de l'opinion : c'est la psychose généralisée." : la psychose, désignant une souffrance psychique, est ici associée à un attentat, à la peur et à un traumatisme ; 

Ces usages impropres conduisent à un glissement du sens médical de la terminologie psychiatrique, et à une stigmatisation forte des personnes souffrant de troubles psychiques. 

Des termes relevant de pratiques anciennes sont également toujours utilisés :

  • "Le contrevenant s'est fait interner à l'hôpital psychiatrique" ou "a été enfermé à l'hôpital psychiatrique" : le glissement de langage porte sur "l'internement" pour désigner une hospitalisation ;

Enfin, il est important aussi de dissocier la personne de sa maladie, en utilisant des termes appropriés : "cette personne souffre de schizophrénie" et non "ce schizophrène" ; "cette personne souffre d'un épisode dépressif" et non "ce dépressif". En effet, lorsqu'une personne souffre d'un rhume on ne dit pas : "il est rhume"... Ces raccourcis finissent malheureusement par ôter à la personne ses attributs subjectifs propres, qui ne se voit qualifiée que par la maladie.