Fatima K., AFT depuis 15 ans

Comment vous êtes-vous lancée dans ce métier ?

Cela fait 15 ans que je pratique ce métier. J’ai accueilli 8 personnes adultes en 15 ans, en général pour une période de 6 mois minimum et deux ans au maximum. Je travaillais avant cela dans un centre financier où je ne trouvais plus ma place : je souhaitais travailler à domicile et pour un service à la personne. Par le biais de pôle emploi, j’ai postulé et c’est ainsi que l’aventure a commencé. Après l’enquête sociale, des entretiens psychologiques, j’ai obtenu l’agrément pour être AFT.

Quelles sont les qualités requises pour exercer ce travail ?

C’est un métier où il faut aimer partager car il se pratique dans le domicile familial ; il faut aimer les gens, être ouvert, sociable ! Personnellement, quand je vois un patient heureux, je me dis que c’est le plus beau métier… Être bien dans la vie, c’est ce qu’il y a de plus beau, et sans critiquer les métiers où il y a du profit, je trouve qu’apporter de la joie, du bonheur, c’est le principal !

Quels sont les bénéfices pour le patient ?

L’accueil familial permet de sortir le patient du contexte de l’hôpital : il peut formuler des demandes et recevoir des propositions qui seraient impossibles à l’hôpital : est-ce qu’il veut aller au restau, au ciné, au parc… l’écoute est très importante ; si un patient dit non, notre rôle est de chercher à comprendre pourquoi, sans insister, et s'il s’agit d’un blocage, essayer d’y arriver !

Quels sont vos liens avec l’équipe soignante ou l’entourage ?

L’AFT a plusieurs casquettes et est à l’articulation entre le soin, la personne, et son environnement. Je travaille en étroite collaboration avec l’équipe pluridisciplinaire, au quotidien. En ce qui concerne l’entourage, chaque individu arrive avec son histoire : parfois les familles peuvent accompagner, d’autres fois pas du tout. Il m’est arrivé d’avoir la prise en charge d’un patient qui avait été rejeté par sa famille ; lorsque cette dernière s’est rendu compte que ça fonctionnait, elle a été rassurée et a renoué contact. Et puis il y a l’environnement plus large : la société. Par exemple, sur le plan esthétique, il m’est arrivé de constater avec une patiente que ce qu’il y avait dans sa valise n’était pas forcément adapté, et de travailler avec elle comment se maquiller, prendre soin de soi, aller chez le coiffeur… notre rôle est d’aider la personne à être autonome, à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. A l’intérieur par exemple, en lui apprenant la préparation des repas, le ménage ; à l’extérieur, en le guidant pour savoir se débrouiller pour prendre un bus, se rendre à un rendez-vous médical seul si c’est possible… c’est un accompagnement pour devenir autonome dans tous les actes de la vie. Nous faisons le maximum pour leur apporter un équilibre dans la joie et la bonne humeur.