
Najet BEN NEJMA, AFT
Pouvez-vous nous décrire votre travail d’assistant familial thérapeutique ?
L’Assistant Familial Thérapeutique accueille dans le domicile familial des personnes qui sont suivies psychologiquement. Nous les accueillons donc dans la famille comme un ami, comme quelqu’un de passage. Nous essayons de donner un climat familial à la personne, différent du climat de l’hôpital, de la solitude, de tout ce qui peut être négatif pour elle. Nous l’entourons, l’aidons dans ses démarches, lui donnons des conseils qui ne sont pas seulement médicaux. Nous lui apportons un meilleur bien-être. C’est un partage, un accueil.
Comment vous êtes-vous lancée dans ce métier ?
C’est le métier qui m’a choisie… En faisant des démarches pour une demande d’agrément pour accueillir un enfant, mon conseiller emploi de l’époque m’a proposé ce métier là et une offre d’emploi pour l’EPSM. Au début, cela m’a fait peur, et même frustrée, mais j’ai voulu essayer après en avoir parlé avec mon mari. Aujourd’hui cela fait 13 ans que je suis AFT et je ne changerai de métier pour rien au monde ! C’est un métier de famille. Si un des membres de la famille ne l’accepte pas, cela ne pourra pas marcher : il faut que toute la famille accepte et accepte ce métier-là.
La personne intègre votre intimité.
Quelles seraient les perspectives de développement pour ce métier ?
Le métier n’est pas encore assez connu et reconnu or c’est un beau métier pour les personnes qui le font comme moi, et nous avons besoin de candidats ! Certes qu’il faut vraiment aimer, être généreux, mais j’aimerais qu’il y ait plus de familles d’accueil d’une manière général. Car quand les personnes viennent à la maison, nous sentons la différence dans leur état de santé psychique, sociale, et même physique : il y a une grande amélioration. La fin de la période en famille est souvent difficile pour les personnes, car ils étaient bien, hors hôpital où tout est réglementé, cadré.
Pouvez-vous nous décrire ce que les personnes vivent en famille ?
A la maison, ils peuvent faire une grasse matinée, c’est plus souple : la personne est égale aux autres membres de la famille. J’ai la réputation de faire bien la cuisine ! Je propose ma cuisine tunisienne, le but c’est que les personnes se sentent bien… elles mangent ce qu’elles aiment, mon couscous quand je le fais, je le fais piquant, et ce qui est marrant c’est que la grande majorité aiment !
Bien sûr, il y a un cadre et une règlementation avec l’équipe médicale. Cette dernière passe tous les jours la première semaine, afin que la personne ne se sente pas abandonnée, puis deux fois par semaine, en plus du rendez-vous que la personne a avec le psychiatre, à la maison ou au Centre Médico-Psychologique (CMP). Chaque sortie seul doit être autorisée par les médecins, et chaque semaine un planning est mis en place. Je dois dire que je suis bien encadrée avec mon équipe, c’est même un encadrement génial !